Connexion

S'inscrire

Pluvigner. Pourquoi la zone commerciale de Bodevéno est-elle toujours en attente ?

Pluvigner. Pourquoi la zone commerciale de Bodevéno est-elle toujours en attente ?

L’association Paré, qui s’oppose au projet de zone commerciale de Bodevéno, à Pluvigner (Morbihan), depuis près de deux ans, a tenu sa réunion de rentrée pour faire le point sur les actions en cours.

 Au cours de la réunion, Me Thomas Dubreuil, l’avocat de l’association Paré, qui s’oppose au projet de zone commerciale de Bodevéno, à Pluvigner (Morbihan), a cherché à clarifier les choses un peu difficiles à appréhender. Il existe différents arguments susceptibles d’aboutir à l’annulation du projet, expose-t-il d’emblée.

Trois axes

Ces arguments se répartissent sur trois axes bien distincts. Le premier concerne la loi sur l’eau, en particulier la gestion des eaux pluviales. Il y a un problème de dimensionnement des bassins de rétention, explique le spécialiste environnement et urbanisme. Concrètement, ils pourraient ne pas être suffisants pour recueillir toute l’eau générée par l’aménagement de la zone. C’est l’objet du recours que l’association a déposé auprès du tribunal de Rennes, le 3 juin 2020 et renouvelé en septembre 2021.

Un projet antinomique

La deuxième contestation porte sur le permis d’aménager. La disparition de terres agricoles déplaît fortement à l’association, qui s’appuie sur les déclarations de certains politiques qui veulent limiter la consommation de ces terres. C’est ce qui l’a conduite à déposer un recours contentieux dans ce sens, le 21 juillet 2020. « C’est un projet antinomique, développe l’avocat, il n’y a pas eu d’analyses multicritères, le projet ne s’appuie que sur des considérations foncières. » Pour compléter les requêtes de l’association, un mémoire portant sur le permis d’aménager a été déposé le 16 février 2021.

Blocage avec les espèces protégées

 

Il y a des espèces intéressantes sur le site, souligne Thomas Dubreuil. Et il semblerait bien que l’on tienne là le problème de fond dans la mesure où ces espèces ont été sous-estimées dans le dossier. Impossible en effet pour le porteur de projet de démarrer des travaux sans une dérogation sur les espèces protégées.

C’est pour la même raison que les fouilles ont été interrompues le 12 octobre. Et l’obtention de cette dérogation reste très hypothétique. Explication : Le gros point noir, c’est que l’on se trouve dans un domaine privé et il n’existe pas de raison d’intérêt public majeur.

Ce projet n’est pas au bon endroit

 

Malgré les interventions de l’ancien maire de Pluvigner (Morbihan), Gérard Pillet, qui a rappelé les différentes validations du projet, le président de l’association, Sébastien Trouillard, a osé dire à haute voix ce qui était sous-entendu dans de nombreuses interventions. Ce projet n’est pas au bon endroit, lance-t-il. Réponse au premier semestre 2022, à l’issue des audiences programmées.

Article de Ouest France du 21/11/2021